
« Je n'ai pas trouvé « ça » spécialement beau me dit-elle, mais peut-être que si je savais comment « ça » a été fait, je serai plus sensible à l'œuvre d'art ».
Et revoilà le fameux discours sur la nature de l'art et la définition du « beau » qui tourne en boucle depuis que le langage existe.
Les hommes préhistoriques dissertaient-ils autant sur la peinture murale de leur voisin ?
L'erreur est-elle de confondre la définition de l'art et l'idée du « beau »?
Ce qui est beau n'est pas nécessairement de l'art, comme par exemple un physique émouvant ou une vision lumineuse de la nature.
L'œuvre d'art existe par un fait de création pensé et initié par un individu dont la pulsion de matérialiser son imaginaire est plus fort que lui.
Marcel Duchamp avait justement provoqué anonymement les membres du jury dans le cadre d'une exposition indépendante en proposant une sculpture qui n'était autre qu'un objet industriel (readymade) et provoquant, le célèbre « bidet » qui mettait à jour cette fameuse question:
« Qu'est-ce qu'une œuvre d'art et qui peut objectivement en juger! »
« Ça » c'est du blabla, mais la question méritait d'être posée au moment où la liberté d'expression prenait enfin son envol.
Il y a donc d'un côté des « artistes » qui éprouvent le désir et le besoin de créer et de l'autre, les spectateurs qui s'approprient du regard ou de l'ouïe ces créations, vecteurs d'émotions ou pas. L'art est donc infini avec autant de lectures visuelles et/ou sonores qu'il y a d'artistes. Le tout, lié à l'époque, l'histoire, l'éducation, la culture de chacun d'entre nous, de chacune des nations.
Il n'y a rien de plus crispant que la critique gratuite de ceux qui s'autoproclament juges artistiques en se masturbant intellectuellement.
On est sensible à une création ou on ne l'est pas, et le plus beau dans ce débat est de défendre ce et ceux qu'on aime. L'important selon moi, est que la création sous toutes ses formes soit la plus riche possible afin de toucher un public encore plus nombreux car l'art est nécessaire à l'épanouissement de notre condition qui s'ennuie trop facilement en la transportant vers d'autres soupapes de décompression.
L'art commence finalement là
ou le langage s'arrête, là
où l'imaginaire doit s'échapper de notre abyssale dimension cérébrale pour créer de l'étonnement là
où on ne peut apporter de réponses.
Une dimension que la nature nous a dotée, malgré nous, qui nous pèse et nous effraie.




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